Jour de match
Dimanche 20 avril 2009 : jour du match le plus important de l´année en Argentine. Les non-amateurs du foot ne vont pas tarder à le découvrir…
Il est des quartiers de Buenos Aires pour lesquels on vous recommande vivement de ne pas circuler à pied. La Boca fait partie de ceux-là. Tous les personnes rencontrées (argentins ou étrangers) ont leur petite histoire d´agression, et La Boca figure en premier dans la liste des quartiers où l´on doit redoubler de vigilance. Parfois, par curiosité, on a envie de faire son mauvais larron…
Ce dimanche là est spécial. Le soleil brille et me réveille de bonne heure. L´envie de connaître les rues de La Boca in vivo commence à se faire pressante. Il me faut aller voir de plus prés le fameux Caminito : petit quartier archi touristique incontournable de Buenos Aires. Je vis à 30 minutes de marche du Caminito. L´idée d´une petite marche matinale ne me déplaît pas…
Ma collocataire, agressée au couteau dans une rue proche du Caminito, m´exhorte de m´y rendre en bus. Je la comprends… Mais vraiment, je ne veux pas céder à la peur. Elle réussit quand même à me mettre les jetons, alors je m´habille de mon t-shirt le plus moche, je ne prends pas de sac à dos et je vide mes poches en gardant juste de quoi donner au cas où. Mon appareil photo demeurera la matinée dans mon slip. Il est petit, ça passe presque inaperçu…
J´ai pas fait le malin, c´est vrai que j´étais pas à l´aise ; mais quelle récompense !
Le petit périple a commencé par la traversée du Parc Lezama au nord duquel, j´ai pris l´habitude de petit-déjeuner. Il était encore tôt mais flottait dans l´air comme un goût d´inhabituel…
J´ai vaillamment rejoint les ponts qui font la jonction entre La Boca et Avellaneda. Comme des policiers étaient en faction, mon appareil a fait une petite pause respiration. Des ponts, on rejoint rapidement la Fundación PROA (grand moment détente cf. article correspondant) et le Caminito qui fût une grande déception pour moi…
Quelques photos quand même pour la forme.
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En sortant de la Fondation PROA, déjà quelques drapeaux et des groupes de « fanaticos » par-ci par-là occupaient l´espace… Ma grande expérience du foot m´a très vite permis de comprendre qu´il y avait du match dans l´air (?!). Après une heure passée dans le Caminito (et oui, quand même) à regarder les danseurs de Tango payés à la pièce, le doute n´était plus possible : un match allait bien avoir lieu !

Les rues était littéralement envahies de supporters aux couleurs bleu et jaune (couleurs de l´équipe de la Boca) !
Le stade de la Boca (équivalent du Parc des Princes) se situe non loin du Canimito. Il faisait d´ailleurs partie des curiosités qu´il ne me fallait pas manquer lors de cette promenade dominicale.
Me voilà au milieu de toute cette foule animée et colorée quasi exclusivement masculine, essayant vainement de retrouver le chemin du retour. Mais le quartier est barricadé par la Police. Toutes les rues sont bloquées. Certaines sont complètement inaccessibles. D’autres le sont encore en faisant des sourires généreux aux policiers dubitatifs devant ce drôle de type en t-shirt vert qui va dans le sens inverse de tout le monde.
Dans l’une des rues, je ne croise que des supporters habillés de rouge et de blanc. Avec une sagacité à toute épreuve, je déduis qu’ils doivent appartenir à l’équipe adverse. Plus loin, un vendeur de drapeaux m’expliquera que tout un dispositif est en effet mis en place les jours de match pour que les équipes ne se rencontrent pas. Une rue spéciale est réservée aux River Plates (l’équipe adverse donc). Il paraît même qu’à la fin du match, les “fanaticos” de La Boca ne peuvent pas sortir pendant 45 minutes afin que leurs ennemis jurés ‘évacuent’ le quartier. “Les autorités en avaient marre des morts à la fin des rencontres” me dit le vendeur de t-shirts. J’ai rajouté “Vive le sport” mais ça l’a pas fait trop marrer ; c’est peut être mon espagnol…

Après une halte à l’église (pour prier Dieux de retrouver mon chemin et surtout pour regarder mon plan sans trop me faire remarquer), j’ai repris ma route au milieu de tout ce Tohu-bohu. Les hélicoptères survolant la zone et l’odeur des barbecues à tous les coins de rue amplifient le sentiment d’excitation. Par hasard, je suis tombé sur la plus vieille caserne de pompiers de la ville.
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Bref, l’atmosphère était complètement survoltée et le moment fût intense. Je vous laisse découvrir cela avec une sélection d´images de ‘la Nacion’ (le Monde local)
Pour ceux qui s’intéressent au foot, voici un petit compte-rendu de mon prof d’espagnol, supporter de la Boca qui a assisté au match : (attention c’est technique)

Le match a été très moyen et s’est soldé par un score nul. Deux buts ont été marqués; l’un par Palermo, joueur technique mais trop perso ; l’autre par Gallardo qui ne vaut rien (entre les lignes : parce qu’il est River)…


Mais non, ce n’est pas ton espagnol ! C’est ton sens inné du sport…
tu as bel et bien vécu la vraie vie portena, c super
et comment tu dis “vive le sport” en espagnol?
¡Viva el deporte!
Non ?
ben oui, c bizarre… il devait trouver ça mieux avec les morts….
C’est donc soit ton t-shirt vert, soit ton air hilare à l’idée de faire une bonne blague qui l’ont peut-être un peu dérouté! En tout cas, continue comme ça, ton blog est vraiment génial. Articles bien dosés, belles photos à propos, sujets variés, rédaction claire et drôle. Je l’avais dit, je suis fan! Biz