A cours de Fluocaril

Quand on part pour une période assez longue à l’étranger, on passe toujours par plusieurs phases. Entre accoutumance du nouveau pays et désaccoutumance de son pays d’ origine, il y a des moments précieux qui jalonnent le séjour et marquent le début de nouvelles étapes. En restant seulement quelques mois en Argentine, je ne pensais pas ressentir cela et pourtant, aujourd’hui… je suis à cours de Fluocaril.

J’ai commencé ce blog un jour ferié, le 2 avril. Aujourd’hui, nous sommes le 25 mai, jour de célébration de l’indépendance (proclamée le 9 juillet 1816). L’ un de jours fériés les plus suivis en Argentine. J’aime l’idée que les “feriados” jalonnent les différentes étapes de mon séjour ici. Il est 8h du matin, le bus en provenance de Cordoba vient de me déposer à Retiro (Buenos Aires). Il est encore trop tôt pour aller réveiller la ville encore engourdie des festivités de la veille. Alors je m’autorise une pause dans un locutorio et un petit bilan, rapide…

avec ma copine de voyage de retour de San Isidro Je reviens juste d’ un voyage fabuleux dans le nord argentin à travers les provinces de Misiones, Chaco, Salta, Jujuy, Tucuman, La Rioja, San Juan, Mendoza y Cordoba. Des chutes impressionantes d’ Iguazu, aux agréables sierras de Cordoba, en passant par les montagnes multicolores de Salta, la végétation luxuriante de Jujuy, les vignes ensoleillées de Mendoza… le voyage aura été enrichissant et intense en paysages époustouflants. L’acceuil, l’ hospitalité et la gentillesse des personnes qui ont croisé mon chemin m’aura aussi beaucoup marqué. En plus d’ avoir le temps de prendre mon temps, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs contacts sur le chemin qui se sont pliés en quatre pour que le séjour soit inoubliable…

Avec GuadalupeParmi les personnes rencontrées certaines auraient pu être des amis, je le sais, je le sens. Leur humour, leur facon de voir la vie, de regarder les choses… Je me sens frustré de continuer ma route et de ne pas explorer ces amitiés potentielles mais je suis maintenant rassuré sur l’éventualité d’autres rencontres. Je me rends compte que l’ouverture à de nouvelles personnes est indipensable à un bon équilibre. Ca parait évident une fois dit, et pourtant…

Avec JavierDepuis deux mois ici, j’ai beaucoup pratiqué l’espagnol. Je progresse, commence à me faire comprendre clairement et à élaborer des phrases qui ont du sens. Ça aide pour les rencontres… Je fais encore une faute tous les trois mots et l’ intérieur de ma tête ressemble un champ de bataille (parfois désertique) à chaque fois que je prends la parole. Les gens prétendent gentillement être impresionnés  par mon espagnol aprés seulement deux mois ici. Pour être honnête, j’ai appris deux ou trois phrases toutes faites et bien correctes que je balance au début, histoire de bien marquer mon territoire. Du coup, on me fait des compliments à l’apéro. Mais à la fin du repas, quand je lutte pour répondre à une question qui n’est pas prévue au programme, tout le monde me regarde, au mieux avec compassion, au pire avec un pointe d’agacement, en espérant que  je finisse ma phrase… mais vite.

Il me reste un mois et demi pour travailler tout cela et m’en sortir un peu mieux. Ce soir, j’aurai un appartement bien à moi et je pourrai me créer un quotidien, peut-être me trouver un petit job… Quand je suis arrivé, Buenos Aires était une ville grouillante dans laquelle tout m’était étranger. J’y ai maintenant mes repères : je sais quel bus prendre, j’ai une boulangerie préférée, je sais qu’il ne faut pas aller dans cette laverie parce que le linge n’en sort jamais propre, je sais quoi commander au resto et me forge même de nouvelles habitudes…

Quand nous étions petits, ma mère, toujours bien intentionnée, achetait du dentifrice de pharmacie : du Fluocaril, le meilleur. Notez d’ailleurs que je n’ai eu que deux caries de toute ma vie. A l’âge adulte, on conserve souvent des habitudes de l’enfance. Pour moi, c’est l’utilisation du Fluocaril comme régle d’hygiène incontournable. Quand il m’arrive de partir longtemps, je prends toujours deux tubes, histoire de prolonger la madeleine car cette marque n’existe qu’ en France. Mais arrive toujours le moment déterminant de la dernière noisette du dentifrice  fétiche… Aujourd’hui, je suis à cours de Flurocaril.

J’ ai commencé ce blog un jour ferié, le 2 avril, et aujourd’hui, j

~ par tibass le 25 mai 2009.

3 réponses to “A cours de Fluocaril”

  1. Bon, désolée, Seb, je t’avais fait un super commentaire et ça vient de buguer parce que j’avais pas mis mon e-mail. En tout cas, c’est super, tu as l’air de bien en profiter et… de savourer ces moments! plein de bises depuis Madrid

  2. essaie le dentifrice au maté

  3. Alors ca, c’est incroyable, il m’etait arrive la meme chose en Angleterre, plus de Fluocaril, trop dur… J’ai du me resigner a utiliser du Colgate mais rien que les 3 couleurs ca me degoute, les quelques jours avant le ravitaillement avaient ete difficiles. Si tu veux que je t’en envoie un petit tube, fais moi signe…

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